mercredi 16 novembre 2016

séjour Sarde (4) - ruralité

Bien que modernisée, la Sardaigne reste enracinée dans les traditions issues du monde rural... à Aritzo, quelques lieux et objets témoins d'un passé pas si lointain.







 

séjour sarde (3) - Aritzo - mémoire de l'Inquisition


Aritzo comporte divers  sites historiques comme la "prison espagnole"  édifiée au 16e S où sévissait l'Inquisition. La prison espagnole témoigne de l'architecture rurale ancienne : elle renferme un petit musée de l'inquisition où l'on trouve quelques objets évoquant la sorcellerie, les cellules de prisonnier-e-s et une salle d'interrogatoire où l'on pratiquait la torture par l'estrapade, le feu, ou l'eau... des reproductions de gravures ou peintures de Goya ornent les murs.



le supplice de l'eau consistait à faire ingurgiter de force 6 à 12 litres d'eau, selon la gravité des accusations.

Ci dessous, la chasuble dont étaient affublés les hérétiques lors de processions expiatoires.













l'estrapade consiste à suspendre le supplicié par les poignets - attachés sur le dos - à une poulie, et à relâcher par à-coups de manière à disloquer les articulations.
Cette trappe donne sur la cellule des hommes, on y donnait par cette voie la nourriture et l'eau

Cellule de détenue, des chambrettes avec vue, au premier étage, jouxtant la salle d'interrogatoire.

Après l'occupation espagnole, au 18e S, ces lieux servirent à la détention de soldats français, capturés en 1793 lors d'une tentative de débarquement par Napoléon.

ci-dessous, une chouette effraie et un crane de bouc... le diable n'est pas loin.









mardi 15 novembre 2016

séjour sarde (2) - Aritzo

Les rues d'Aritzo se prêtent certainement à la photo "touristique" au pittoresque de convention : ruelles étroites, traces d'une ruralité vétuste, visages épanouis et ensoleillés... mais le regard que je porte ici rejoint celui de la street photography qui dévoilent un entrelacement étroit entre tradition et modernité.   Certains étals offrent ce que la mondialisation peut offrir : objets utilitaires, vêtements, jouets et outils produits en extrême-orient mais ce n'est certes pas la majorité : l'économie locale et sarde est encore largement valorisée et les produits du cru ne s'adressent pas qu'aux touristes. Si l'on vient de toute la Sardaigne, les touristes étrangers sont peu nombreux en cette saison. 









L'Hôtel Castello, en arrière plan, héberge actuellement des réfugiés africains, placés par le gouvernement italien, en attendant une hypothétique régularisation.


séjour sarde

Dix jours en Sardaigne, avec au programme, la cueillette des olives, quelques visites touristiques et des promenades dans la région du mont Arcis... ce-dessous, le marché annuel aux châtaignes, la Sagra delle castagne, qui se tiens le dernier dimanche d'octobre à Aritzo. Certains disent que le nom de ce village, situé au coeur de la Sardaigne, vient du sarde "aritzu", hérisson, qui désigne aussi le bogue de la châtaigne...mais le linguiste français Michel Morvan propose le basque (h)aritz "chêne" pour expliquer l'origine d'Aritzo (1). En effet, de nombreux chênes peuplent les forêts avoisinantes.




Le village est célèbre pour sa production de châtaignes, qui constituait la base de l'économie de la région. L’artisanat en bois de châtaignier représente aujourd’hui une importante activité de ce village de montagne, célèbre aussi pour ses coffres nuptiaux, richement ouvragés, qui contenaient le trousseau offert à l'occasion des mariages....Jadis on commercialisait aussi...le neige. Denrée précieuse en un temps où les frigos n'existaient pas. La neige, récoltée en hiver, était conservée dans des caisses remplies de pailles, conservée dans les "maisons de neige" (domos de nie) et vendue en été.

Je présente quelques photos du marché de la châtaigne... outre des châtaignes, on y vend toute la production artisanale locale, ébenisterie, sculpture sur bois, ferronnerie mais surtout les excellents fromages et charcuteries de la région.

  
 
 
 
 

 


 




mardi 4 octobre 2016

street photography à Bruxelles



Quelques "street photo", traduisons, photos de rues, à Bruxelles... le genre consiste à saisir la vie humaine dans l'espace public.




On y cherche la prise de vue sur le vif, près du sujet, en immersion dans l'événement. Si beaucoup de street photographer adoptent une approche formaliste, soignant la composition, jouant des contrastes ombres/lumières, exploitant la géométrie du lieu, d'autres s'en tiennent à une vision plus documentaire, attentifs aux micro-événements de la vie quotidienne. Une des difficultés du débutant dans ce genre est de gérer le stress lorsqu'on photographie des inconnus. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les réactions négatives sont rares. Certes, chacun peut revendiquer son "droit à l'image" pour s'opposer à la diffusion d'un photo, mais la photographie dans l'espace public reste une activité tout à fait licite.




























Pour se former à la street photography on pourra consulter ce guide ultime du débutant : the Ultimade Beginner's Guide to Street photography, par Erik Kim : le site regorge de conseils, et fait le lien vers plusieurs cours (vidéo sur youtube)... le tout est cependant en anglais.
Bernard Jolivalt consacre un blog à la photo de rue...de nombreux liens permettent de se rendre compte de la diversité des styles et de la qualité des auteurs. Il a consacré un article aux problèmes juridiques posés par la photo de rue.
Enfin, Bruxelles a son Festival de la photo de rue... the Brussels Street Photography Festival : expositions, concours, et ateliers sont prévus... Des prix seront décernés par un jury mais le public peut aussi voter ici (individuels Bruxelles) et là (individuels international)




dimanche 2 octobre 2016

nuit blanche...

Une nuit blanche un peu pluvieuse ce 1er octobre... cela se passait au "quartier européen", territoire eurocratique de Bruxelles. Au menu, plusieurs dizaines de performances et spectacles interactifs, ou participatif. Il fut impossible de parcourir l'ensemble de ces activités réparties sur un espace relativement large...    en voici cependant quelques unes...

le plasticien et chorégraphe belge Tuur Marinus, avec des élèves de l'école d'art anversoise Artesis Plantijn, présente Still Animals au Musée des Sciences naturelles. Cette performance évoque l'animalité humaine, à travers une chorégraphie figée, ralentie, muséifiée où les danseuses se livrent, soutenues par des partenaires plongés dans l'obscurité, à des mouvements ralentis - courses, nage, reptations - faisant écho à la posture figée pour l'éternité des dinosaures fossilisés.




























Création de :such: A Tape End utilise la bande magnétique comme matériau plastique et sonore. Une composition électroacoustique est préenregistrée sur une bande qui défile entre des magnétophones réparties dans un espace scénique englobant la salle. L'installation peut être conçue de manière à ce que le spectateur puisse déambuler dans l'enchevêtrement des bandes magnétiques, ici le dispositif, contraint par la salle de spectacle du lycée Jacqmain, est plutôt celui d'une salle de concert : magnétophones disposés sur une scène, piano et magnétophone sur un espace latérial, public sagement assis sur leurs sièges... on se laisse bercer par une ambiance électroacoustique faite de raclements, de vagues sonores, de glissements rocailleux et de drones bruissants.





L'actualité plutôt sombre a dû inspirer les organisateurs de cette nuit blanche qui m'a semblé peu festive : en toile de fond, l'ambiance sécuritaire, mais aussi le drame omniprésent des réfugiés. 

Performance de rue : un groupe de "réfugiés" munis de leur gilet de sauvetage errent en rue, tels des zombies. Installations éparses : les chaussures, isolées, emplies de sable et portant en bannière un petit drapeau rappelant d'une phrase le drame humain qui se déroule, dans une indifférence coupable, à Calais. Ailleurs, un artiste plasticien, de nationalité palestinienne, originaire de Gaza, évoque la censure dont il fait l'objet et la résistance qu'il oppose en reproduisant, avec des variantes subtiles et ironique, l'oeuvre interdite.


 

Gyrotope sculpte l'espace en utilisant des éléments éphémères et intangibles – la lumière et le son – pour formaliser une expérience basée sur la perception du mouvement. L'oeuvre est située ici sur l'esplanade du Parlement européen.