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vendredi 27 septembre 2019
Graffes et tags marseillais
Marseille est couverte, principalement dans les quartiers "pittoresques", de graffitis et de peintures murales. Quelques petits exemples ici, au cours d'un bref séjour
jeudi 24 août 2017
la fresque murale de l'humanité : une oeuvre en danger
A l'occasion d'un concert donné par "Muziek publique, asbl" au
Petit-Château, centre d'accueil pour réfugiés, je découvre une oeuvre
murale trop méconnue, qui n'est pas sans rappeler les fresques
muralistes mexicaines de Diego Rivera, Orozco ou Siqueiros. Il s'agit de
"Los murales de la humanidad" de l'artiste, et philosophe, péruvien
Domingo Huamán Peñaloza. Une fresque qui s'étend sur trois étages,
couvrant 1200 m3...
L'oeuvre évoque toute l'histoire de l'humanité dans
une perspective résolument progressiste et émancipatrice et comporte
trois volets. Le premier retrace l'évolution biologique et historique de
l'homme ainsi que les fondements idéologiques et religieux des diverses
civilisations.

Le second volet met en évidence l'opposition entre "El
problema universal de las injusticias”, celui de la domination
capitaliste et impérialiste celui de l'emprise de l'argent aboutissant à
la guerre, la servitude et la destruction, et une " Proposición de un
mundo nuevo rehumanizado y moral” à travers la résistance populaire à
l'oppression, la construction d'une société émancipée, égalitaire,
reposant sur une vision scientifique et rationnelle du monde.
Cette oeuvre est certes engagée, voire propagandiste. Elle exprime la vision philosophique d'un art "onto-politique".
Cependant,même si elle n'évite pas la grandiloquence et le didactisme, cette fresque témoigne d'un engagement humaniste d'autant plus émouvant qu'il s'affirme en un lieu à forte charge symbolique.
On rappellera que le Petit-Château fut originellement une caserne construite de 1848 à 1852 à la périphérie des quartiers populaires de Molenbeek et Anderlecht, pour y loger les troupes qui serviront à la répression des mouvements ouvriers... par la suite, après la seconde guerre mondiale, il devint le lieu de détention des suspects de collaboration avec l'ennemi. Enfin, ce fut le lieu de passage obligés des conscrits aux temps du service militaire obligatoire car on y procédait à l'examen médical et à la sélection des miliciens.
C'est en 1986 que le Petit-Château devint un lieu d'accueil pour demandeurs d'asile. Comportant initialement prévu 300 places, il accueillit en 2004 huit cents résidents, encadrés par 120 travailleurs du Fedasil. ... C'est entre 2000 et 2006 que Domingo Huamán Peñaloza, réfugié en Belgique, réalisa son oeuvre avec le soutien du Fedasil. C'est dire toute la signification et l'importance de cette fresque murale exceptionnelle, car elle s'adressait particulièrement à ceux qui, d'une manière ou de l'autre, sont victimes de l'oppression capitaliste et impérialiste, et acteurs des luttes émancipatrices.
Or cette oeuvre est menacée. Le gouvernement ayant décidé de créer un centre d'accueil pour demandeurs d'asile à Neder-Over-Heembeek... ( un lieu éloigné de la capitale, isolé et faisant obstacle à l'intégration des réfugiés ). La caserne du Petit-Château a été vendu à des promoteurs immobiliers et sera vraisemblablement détruit ou rénové en vue d'y établir des logements ou bureaux de luxe.
Que deviendront ces fresques ? A ma connaissance aucune monographie imprimée y est consacrée même si l'on trouve sur le net quelques blogs, ou articles s'y référant. Pourtant cette oeuvre murale mérite attention, car elle conserve le souvenir d'une solidarité et d'un attachement aux droits humains, et à ce devoir d'asile tellement bafoué de nos jours, elle témoigne d'un engagement artistique et philosophique conséquent et sa destruction constituerait une perte, une de plus, pour le patrimoine artistique et l'histoire collective des luttes et des solidarités antiimpérialistes.
Domingo Huamán Peñaloza n'est pourtant pas un inconnu. Le droit d'asile lui a été accordé et vit en Belgique où il peint et poursuit sa réflexion philosophique.
références et sources :
La obra del muralista peruano Domingo Huamán Peñaloza
las pinturas ontopoliticas de Domingo par Gloria Dávila Espinoza
une fresque de l'humanité, sur le site du Fedasil
la muraille de l'humanité, in "la chambre noire de Nawi"
sur youtube :
bibliographie :
Ontogénesis del pensar artùistico actual y sus constructos estéticos : thèse de doctorat en philosophie, par Domingos H. Peñaloza. (pdf)
Estética teórica y filosofía del arte, par Domingos H. Peñaloza. - éd. libréria Ciro
vendredi 5 mai 2017
déconstruction
Le façadisme est un procédé de "rénovation" qui consiste à détruire le corps de l'immeuble tout en conservant sa façade, de manière à respecter l'harmonie de la rue... cela donne lieu à ces superstructures métalliques
les chantiers de destruction sont le lieu d'expression du street art : exemple ici :
Mais le plus remarquable est certes le travail de Denis Meyers qui avait réalisé une oeuvre d'envergure dans l' ancien siège de Solvay, à Ixelles : "Remember-souvenir" mérite d'autant plus son nom que cette oeuvre éphémère était d'emblée vouée à la destruction... le chantier de démolition, bien clôturé et interdit, dévoilait quelques fragments visibles de la voie publique... mes prises de vue ne sont qu'un simple témoignage d'une disparition programmée, et n'oblitèrent en rien le magnifique travail photographique de Eric Ceccarini, Sebastien Alouf, Jon Verhoeft, Thomas, Vandendriessche, Gilles Parmentier, et de Mireille Roobaert que l'on trouvera sur le site de "Remember-souvenir"
les chantiers de destruction sont le lieu d'expression du street art : exemple ici :
Mais le plus remarquable est certes le travail de Denis Meyers qui avait réalisé une oeuvre d'envergure dans l' ancien siège de Solvay, à Ixelles : "Remember-souvenir" mérite d'autant plus son nom que cette oeuvre éphémère était d'emblée vouée à la destruction... le chantier de démolition, bien clôturé et interdit, dévoilait quelques fragments visibles de la voie publique... mes prises de vue ne sont qu'un simple témoignage d'une disparition programmée, et n'oblitèrent en rien le magnifique travail photographique de Eric Ceccarini, Sebastien Alouf, Jon Verhoeft, Thomas, Vandendriessche, Gilles Parmentier, et de Mireille Roobaert que l'on trouvera sur le site de "Remember-souvenir"mardi 2 mai 2017
la sainte du trafic16
C'est la "photo du jour" du 2 mai... un terrain en attente de construction, soigneusement cloturé, mais dont les murs sont habités par des graphes : ici une belle oeuvre de street art, faisant sans doute allusion aux weed sister, "nonnes" dévouées à la culture de la marie-jeanne.
samedi 28 janvier 2017
...et la suite (projet365)
...la suite du projet 365... une photo par jour, le défi relève presque de l'ascèse. Cela occupe l'esprit tant que la photo n'est pas faite, traitée et publiée... voici la production des derniers jours.
au passage du Roi, galerie St-hubert, à Bruxelles...
le pas de danse et la passante qui lui fait écho.
25 janvier 2017 - 24/365
un atelier participatif, on y pratique la menuiserie et la ferronnerie. Ici, une perceuse sur fond de brol.
26 janvier 2017 - 25/365
"mordre le fil"... le street art à Saint-Gilles ne se limite pas à un célèbre zizi...
27 janvier 2017 - 26/365
Parfois on est très pris : relax donc, surtout quand on prend l'avion le lendemain pour le Mozambique... le projet 365 subira sans doute quelque peu les contingences du voyage, mais on essayera de s'y maintenir, mais le rythme des publications dépendra de la disponibilité d'une connexion internet. 28 janvier 2017 - 27/365
au passage du Roi, galerie St-hubert, à Bruxelles...
le pas de danse et la passante qui lui fait écho.
25 janvier 2017 - 24/365
un atelier participatif, on y pratique la menuiserie et la ferronnerie. Ici, une perceuse sur fond de brol.
26 janvier 2017 - 25/365
"mordre le fil"... le street art à Saint-Gilles ne se limite pas à un célèbre zizi...
27 janvier 2017 - 26/365
Parfois on est très pris : relax donc, surtout quand on prend l'avion le lendemain pour le Mozambique... le projet 365 subira sans doute quelque peu les contingences du voyage, mais on essayera de s'y maintenir, mais le rythme des publications dépendra de la disponibilité d'une connexion internet. 28 janvier 2017 - 27/365
lundi 5 décembre 2016
samedi montois
Quelques photos de Mons, où je m'étais rendu pour visiter la remarquable exposition Gérard Garouste au Musée des Beaux Arts de Mons (BAM)...The Passengers, de Arne Quinze, se trouve toujours à la rue de Nimy... plus solide que sa première version. L'oeuvre est imposante, une structure foisonnante dont le dégradé de couleur, du vert à l'écarlate confère une singulière transparence à cet assemblage de poutres.
On ne présente plus le Singe du Grand Garde, peut être le chef d'oeuvre d'un forgeron médiéval, ou enseigne d'une taverne aujourd'hui disparue, voire un pilori pour enfants méchants... la statuette porte bonheur à celui qui le caresse de la main gauche...
Ci dessous, la sculpture représentant le compositeur Désiré Prys, par le sculpteur Raoul Godfroid. Elle située au pied du Beffroi à la rue des Gades.
"Il en va ainsi de la guerre et demain ..." : un fragment de "la Phrase", oeuvre in situ de Karelle Ménine, un long texte s'étendant sur plusieurs kilomètres de murs et de trottoirs... le texte est peint sur un support de papier qui disparait peu à peu...
Ci dessus, les murs de l'externat Saint-Joseph, vue de la rue des Clercs. Enfin, sur la Grand place, on prépare le marché de Noël ... verre en main.
samedi 16 avril 2016
MIMA - musée iconoclaste du 21e S
Enfin une nouvelle réjouissante. Les amateurs d'art contemporain pourront désormais visiter le Millenium Iconoclast Museum of Art dont l'inauguration a eu lieu ce vendredi 15 avril... Situé au bord du canal, sur la rive molenbeekoise, à proximité immédiate des anciennes brasseries Bellevue et de l'hôtel Meininger, ce musée offre à ses visiteurs une collection très rafraichissante d'oeuvres inspirées par la culture pop et le street art.
C'est précisément cet art populaire construit sur des interventions publiques "sauvages", du graph au street art le plus élaboré, qui est mis en valeur à travers l'exposition City Light consacré à cinq street artistes américains basés à Brooklyn.
SWOON a choisi d'hanter les caves du lieu de ses collages soigneusement élaborés, aux thématiques issues de l'iconographie orientale ou des gravures d'art du 19e S : dentelles en rosaces, silhouettes entomomorphes, et figures semi-divines ou prophétiques, parfois issues de l'iconographie indonésienne, ou des gravures romanesques du 19e S surgissent dans la pénombre, au détour des piliers et des couloirs. Nous avons ici un bel exemple de valorisation muséale du street-art, par une installation qui en respecte l'esprit, mais dans le contexte institutionnel de reconnaissance public d'un art "sauvage" et transgressif par vocation.
FAILE, l’association artistique de Patrick McNeil et Patrick Miller, à choisi d'élever ironiquement un temple à la culture consumériste des hipsters brooklyniens. Un look "vintage" et une iconographie issue des pulps et des fanzines, ou des publicités que l'on retrouve à foison dans les galeries et restaurants branchés de Brooklyn. L'architecture de l'installation, hormis les pochoirs exposés sur le mur, rappelle celle d'un temple shintoiste qui serait dédiée à la vénération d'une colonne publicitaire - moulin à prière de la société de consommation - annonçant le pire et le meilleur du divertissement culturel.
Dans une salle illuminée par le vitrage cyan, jaune, magenta, on découvre l'installation et la fresque géométrique de Maya Hayuk. Un ode à la couleur, une expérience visuelle et picturale hors du commun. On sort vivifié par cette séance de chromothérapie.MOMO construit avec rigueur et méthode une oeuvre murale optique et géométrique. Des vidéos accompagnent l'oeuvre, illustrant aussi ses méthodes habiles de travail. Notons cet happening ludique à l'occasion de la réalisation d'un tourbillonnant "papier peint arraché".
A coup sûr, le MIMA deviendra un lieu incontournable pour les amateurs d'art contemporain et de street art... et contribuera à vitaliser un quartier en pleine transformation. Le musée est financé par des fonds privés, et à ma connaissance, il ne bénéficie pas de subsides publics. Ce qui explique sa politique tarifaire bien que l'on souhaiterait volontiers l'instauration de journées mensuelles ou hebdomadaires gratuites et pourquoi pas d'une ouverture (par une réduction tarifaire ou la gratuité) aux habitants du quartier.
L'architecture intérieure du batiment industriel rénové est séduisante (l'accessibilité aux handicapés est assurée) et la muséographie soignée. Un bar accueille les visiteurs dans une ambiance chaleureuse. On aimerait peut être, à l'avenir, voir se développer un volet documentaire plus étoffé : la boutique se cantonne dans un marchandising classiques : petits objet, t-shirts créés par les artistes, reproductions d'art... mais laisse peut être sur le faim ceux qui chercheraient une littérature critique et réflexive (à l'instar de la remarquable librairie du Wiels par ex).
Le site web du Mima est très illustré et bien conçu... rédigé en anglais uniquement, il témoigne de la vocation internationale de ce lieu.
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