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lundi 21 décembre 2020

l'année pandémique...

En cet année 2020, un virus pernicieux nous a confiné dans les espaces clos...moins de sorties, les déplacements et les voyages sont limités, peu de contacts humains (mais d'autant plus chaleureux), un sentiment de précarité et d'incertitude...la crise sanitaire ne m'a pas empêché de produire des images.

En premier lieu j'expérimente et adopté d'ailleurs le logiciel en licence libre "darktable", apparente usine à gaz mais qui s'avère, dès que l'on a appris à en manier les manettes, tout aussi simple et intuitif que le lightroom 5.7 que j'utilisais... et il égale bien - au vu des résultats - le produit de Adobe.

Voici quelques exemples :


 

un traitement couleur et lissé de manière à mettre en valeur ce véhicule vintage
un rendu classique.
une désaturation frisant le monochrome avec maintien d'une tonalité verte








Darktable se prête avec beaucoup de souplesse au traitement noir et blanc. Divers procédés peuvent être mis en œuvre : désaturation simple ou modulée selon les teintes, mixage des canaux ou passage en monochrome...

..ou à un traitement "expressionniste" des couleurs...




jeudi 14 juin 2018

enquête sur le présent

En 2017, je me suis livré à un challenge intitulé #projet365... il s'agit de prendre (au moins) une photo par jour et de la publier sur le net... je présente le résultat de ce travail lors du "Parcours d'Artistes" de Forest. L'événement se passe au 273 rue des alliés, au local du QuartierWielsWijk... à Forest. Le vernissage a lieu dès 20h, le 15 juin et l'expo durera deux week end, le 16 et 17 juin et le 23 et 24 juin, de 14 à 18h...

Le projet365 fut pour moi l'occasion d'explorer la réalité quotidienne, un challenge exigeant qui oblige à affiner le regard photographique. Ce matériau, qui sera intégralement projeté, est la base d'une installation comportant 25 photos qui constituent une sorte de carte conceptuelle, s'articulant autour d'un vide, entre formalisme pur et reportage factuel. Une invitation à une exploration visuelle où se conjugue une objectivation de notre environnement urbain, le souci d'un formalisme graphique induit par le format 1:1 et l'expression, forcément subjective, d'une mise en tension par le défi relevé. 




























dimanche 11 mars 2018

un pavé dans le marais




Située à l'arrière du BRASS, centre culturel de Forest, et du "Métropole", vestige d'un édifice qui appartenait aux Brasseries Wiels, sitée à l'avenue van Volxem... ce plan d'eau est le résultat accidentel du percement de la nappe phréatique lors du creusement des fondations d'un complexe immobilier, projeté en 2003. Progressivement, l'eau a noyé les piliers de ciment, et le plan d'eau devint un véritable petit marais...des roseaux, des oiseaux d'eau, des batraciens, des carpes hantent désormais le lieu.  Malgré les déchets qui s'y accumulent et les traces visibles du débâcle social engendré par la politique d'austérité, une certaine poésie se dégage de ce marais qui inspire maints photographes du quartier. Ceux-ci se sont rassemblés pour une exposition organisée par le Quartier Wiels Wijk, une association d'habitants.















 


 

l'exposition


Située au 273, rue des alliés, à Forest (pas loin du Wiels), l'exposition ouvre ses portes du jeudi au dimanche de 11h à 18 h... jusqu'au 15 avril 2017

Six exposants y démontrent la pluralité des regards photographques portés sur le marais...

 

Quelques photos du vernissage : 



  









jeudi 12 janvier 2017

... une photo par jour

...un "projet365" est une sorte de défi consistant à faire (au moins)une photo par jour pendant 365 jours... même quand il drache, même quand on a la flegme, même lorsqu'on est surbooké... je m'y suis lancé (un album visible sur flickr)...on verra si N-D de Persévérance me conduira au terme de l'entreprise...  quoiqu'il en soit, cette discipline oblige à la créativité, à chercher les occasions dans ces replis négligés de la vie quotidienne ; elle amène à osciller entre le formalisme et la spontanéité brute.

Les photographes qui s'adonnent à un tel projet sont nombreux, des revues donnent des conseils - voir ceux de Phototrend. ou des bloggeurs font part de leur expérience - ici, Brice Ambrosiak blog ) det des groupes s'organisent sur Flickr ou dans d'autres réseaux sociaux...


je commence le 2 janvier, la neige m'incite à parcourir le parc Duden, et je découvre le stade de foot... sur les gradins, je vois ce pas de danse esquissé par un oiseau...

le lendemain, c'est un graffiti qui m'inspire...

le jour suivant est froid et pluvieux, je ne mets pas un pied dehors...

L'architecture et les rues restent une inépuisable source d'inspiration.

Le gel d'un marais urbain m'inspire aussi... une recherche formelle confinant à l'abstraction...



























on n'oubliera pas le quotidien le plus proche... ni ces détails graphiques que l'on découvre au détour d'une rue...





jeudi 16 avril 2015

in the street... dans la rue


Qu'est qu'une (bonne) photo de rue ? la "street photography" suscite un réel engouement et doit être considéré comme un genre spécifique dont il faudrait préciser les modalités. Classiquement, la "street photography" est une prise de vue de l'espace public - la rue, mais aussi tout autre espace public - centrée sur la présence humaine. Elle se distingue donc du paysage ou de la photo architecturale. Dans ses formes, elle peut se rapprocher du reportage, mais à l'inverse de celui-ci, la photo de rue ne prétend pas relater un événement dont l'intérêt résulte de son caractère exceptionnel. Ce qui caractérise le street photographer est l'attention portée au quotidien, au banal ou à la normalité ou, à ce qu'on pourrait qualifier de micro-événements tels des rencontres aléatoires, contrastes ou paradoxes, que seuls l'instantané peut figer pour l'éternité.
 

Ici la rencontre entre deux solitudes est soulignée par la construction architecturale des ombres... la rue est un théâtre quotidien de subjectivités isolées, de communications impossibles et d'errances vides au sein d'un espace à la fois désertifié et submergé du brouhaha des sollicitations publicitaires...

Quel sens donner à la street photo ? celui d'une sociologie de la vie quotidienne... mais elle ne se limite pas à la description neutre d'une réalité objective. Elle est souvent une recherche purement esthétique de coïncidences significatives : la street photo relèverait dès lors d'un formalisme séduisant, certes, mais quelque peu creux, trouvant son intérêt dans la composition et du jeu des ombres et lumières. Ce qui est souvent exigé d'une photographie est sa dimension narrative : elle devrait suggérer un situation, une histoire, qui se situe en deçà ou au delà l'instant de la prise de vue, l'interprétation subjective restant par ailleurs totalement libre. La photo de rue ne dit rien sur les personnes photographiées - contrairement au reportage qui exige une contextualisation explicite de la scène -  ce sont des passants anonymes figés dont ne peut déduire que ce qui est explicitement montré...  


Dans une certaine mesure, la photo de rue est un défi éthique, elle interroge la frontière entre le privé et le public en déconstruisant ce "droit à l'image" dont on fait grand cas. Théoriquement, la publication d'une personne reconnaissable devrait être soumise à autorisation, dans la pratique, cette exigence est impraticable et la jurisprudence reconnaît de plus en plus le droit à l'expression artistique du photographe de rue... a la personne photographiée de démontrer l'éventuel dommage résultant d'une publication artistique de son image. Rappelons que, du fait de la prolifération des caméras de surveillance, un passant ordinaire est photographié (ou filmé) plusieurs dizaines de fois par jour... dès lors peut-on encore se prévaloir d'un droit à l'image ?

Un autre aspect de la street est l'élaboration d'une sociologie visuelle du quotidien : comment les gens interagissent et occupent l'espace public ? Que peut-on dire du contexte social, culturel et économique d'un lieu photographié ? ... de quoi témoigne, par exemple, cette cabine téléphonique - une des rares encore existantes - dans une avenue réputée de Bruxelles ? au spectateur/lecteur d'en juger.









lundi 1 septembre 2014

la prise de vue

à Ath, ce 24 août


l'usage des tablettes modifie la pratique de la photographie... ici nous avons un double jeu de regard : l'oeil du "tablet-photo-graphe" mais l'écran ne nous donne l'image que des spectateurs, où les apn abondent. L'écran oblitère la scène dont on ne voit qu'une partie. En même temps, les enfants jettent leur regard sur la foule qui les entoure.

jeudi 17 avril 2014

soumission consentie au dénudement social

On peut se demander quel sera l'avenir de la street photo à l'ère du "Google glass". Ces dispositifs nomades - encore expérimentaux (on est au stade de beta-test) permettent un enregistrement vidéographique et photographique diffusé en temps réel sur le net... déjà l'impact social se fait sentir puisque nombre de porteur de ces "lunettes" se font interpeller voire agresser par ceux qui se sentent filmés contre leur gré et ne supportent pas de voir leur "privacy" impunément violé. Il est vrai que le google-glassing pose de sérieux problèmes éthiques et juridiques quant à la délimitation entre l'espace public et l'espace privé et sur le sacro-saint droit à l'image. 

On ne peut dire quel sera l'impact du google-glassing sur la pratique photographique, sans doute sera-t-il aussi profond que celle résultant de la généralisation des smartphones : chacun-e est photographe, chacun-e cherche sa minute de célébrité sur youtube, picasa ou flickr en exposant ses narcissiques selfies... par ailleurs le smartphone induit une pratique spontanée de la photo de rue, des instantanés qui ne prétendent pas à la perfection technique et se diffusent via des applications du style "instagram"... l'esthétique qui s'en dégage rappelle celle des Lomo et autres appareils basiques, prisés en raison même de leur imperfection...

Le google-glassing risque, par la révulsion qu'elle inspire, de sonner le glas de la photo de rue ? rappelons ici les règles du street photographer : il s'agit de prises de vue dans l'espace public ou adjacent à l'espace public ; l'humain est le sujet de la photographie ; il s'agit de photographies sur le vif, de sujets "candides", c'est à dire qui ne posent pas, même s'ils constatent la présence du photographe. Celui-ci peut être discret mais ne "vole" pas l'image en agissant à l'insu de tous. Certains street photographers peuvent être relativement invasifs, prenant des plans très rapprochés. Une règle éthique généralement respectée est de ne pas photographier des personnes en situation de détresse, de souffrance ou d'une manière qui serait dégradante, même si l'humour de situation est souvent recherché.

En principe, il n'y a pas de restriction légale pour photographier dans l'espace public mais, dans nos pays, le droit à l'image suppose que le photographe demande l'autorisation explicite (écrite de préférence) du sujet pour publier son image. Dans la pratique, cette obligation est difficilement applicable en street photography dans la mesure où on y prend sur le vif des passants qui ... passent et que l'on interpelle pas pour quémander son autorisation : une certaine prise de risque semble inhérente à la photographie de rue...qu'il convient de pratiquer avec tact, intelligence, sensibilité et prudence, particulièrement dans des contextes sociaux ou culturels où la photographie est peu acceptée.

Il y a un paradoxe, manifestée par les protestations contre le google-glassing et les revendications du droit à l'image, entre ce souci de la vie privée et l'omniprésence des dispositifs légaux de surveillance vidéo... ceux qui protestent contre les dispositifs panoptiques de contrôle et de pouvoir, n'hésitent pas à s'exhiber, ou afficher leurs goût et opinions sur des réseaux sociaux où la délimitation public/privé est mouvante, peu claire et déterminé plus par les intérêts commerciaux des fournisseurs de service que par le respect de ces consommateurs, dont les infos personnelles qu'ils laissent circuler constituent une précieuse marchandise.

"je n'ai rien à cacher" affirme-t-on pour se sécuriser et accepter la prolifération des dispositifs d'intrusion, mais c'est oublier que même si nous ne commettons, aujourd'hui, aucun délit - et qui sait si nous n'en commettons-nous pas à notre insu - ce que nous laissons voir de notre vie privée peut aisément être utilisé contre notre intérêt, ou dans la perspective du renforcement du contrôle social à travers d'outils de manipulation de plus en plus sophistiqués. Il n'y pas que la sphère de l'économie marchande qui est impliquée, mais aussi celle de la vie politique, y compris dans une démocratie - purement formelle - qui ne (sur)vit que par la manipulation (électorale et post-électorale) de l'opinion publique.



mardi 18 mars 2014

marches urbaines


en ville on marche,

hors des chemins balisés,


d'un pas pressé


la musique plein des oreilles



 au pas tout simplement


ou on trottine


jeudi 13 mars 2014

un espace photographique

L'espace photographique - jadis publié par l'hébergeur "mabulle" fut une expérience éphémère. Le blog a disparu, sans doute mort d'inanition. Quelques essais photographiques, datant des années 2000 à 2005 étaient le fruit des premières expériences en photographie numérique. Un olympus camedia c-4000 m'a permi de réaliser quelques milliers de clichés dont la spontanéité était quelque peu plombée par la réactivité quelque peu lente de cet APN pourtant classé parmi les meilleurs de son temps. Aujourd'hui la donne a changé, à la suite du bridge Sony, j'ai passé au reflex, Nikon D7000. Ce blog se veut une présentation partielle de mes photographies, en même temps qu'un espace de réflexion sur l'image et la photographie comme moyen de communication ou comme support artistique.


Quels genre de photo trouvera-t-on ici ? Pas de photo de studio, ni de portrait, mais du paysage, des macrophotographies, des essais graphiques, des reportages et de ce qu'on appelle, en anglais mondialisé, de la "street photo". Autrement dit, de la "photo de rue" ou plus précisément des "gens" dans la rue, ou dans tout autre espace public. On reparlera certainement de cette approche qui oblige le photographe à vaincre une réticence naturelle à prendre sur le vif des personnes inconnues, au risque de transgresser le sacro-saint "droit à l'image" tout en respectant son sujet et agissant avec tact ou discrétion. L'urbanité, dans sa dimension sociale, humaine ou architecturale, est ce qui caractérise le mieux la condition humaine d'aujourd'hui. On peut y déceler les paradoxes, les contradictions entre une extrême socialisation, une massification relationnelle, et une anomie sociale de plus en plus marquée, conduisant à la solitude, à la marginalisation, à la pauvreté absolue -  misère économique ou matérielle, mais aussi misère culturelle, intellectuelle et spirituelle... mais au-delà de ces clichés, on pourrait voir dans l'urbanisation chaotique les prémisses des nouvelles démocraties, le terreau des espérances et des révoltes futures. L'humanité d'aujourd'hui se nourrit-elle encore d'utopies, malgré les déceptions et les désastres historiques ? Sans doute, et c'est peut être la fonction de l'image que de réactiver cette espérance, cette capacité d'imaginer quelque chose de plus crédible que le réel vécu à ras de terre.