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jeudi 29 août 2019

l'art contemporain, encore et toujours

Mon regard photographique sur l'art contemporain est une lecture subjective et personnelle de l'oeuvre...il ne prétend pas à une reproduction documentaire restituant l'intention de l'artiste, pour moi, c'est un matériau visuel, le résultat d'un dialogue, ou d'une interaction, avec l'oeuvre.
Ici c'est au Wiels, extrait de "Multiple Transmissions : Art in the Afropolitan Age" et de "Mario García Torres : Illusion Brought Me Here". "Multiple transmissions" est le fruit de l'expérience d'artistes africains en résidence dans plusieurs villes d'Afrique. Il illustre aussi le lien complexe entre modernité et traditions. Mario Garcia Torres nous livre une oeuvre plus conceptuelle, de nature autobiographique, à travers des installations vidéos.













jeudi 14 juin 2018

enquête sur le présent

En 2017, je me suis livré à un challenge intitulé #projet365... il s'agit de prendre (au moins) une photo par jour et de la publier sur le net... je présente le résultat de ce travail lors du "Parcours d'Artistes" de Forest. L'événement se passe au 273 rue des alliés, au local du QuartierWielsWijk... à Forest. Le vernissage a lieu dès 20h, le 15 juin et l'expo durera deux week end, le 16 et 17 juin et le 23 et 24 juin, de 14 à 18h...

Le projet365 fut pour moi l'occasion d'explorer la réalité quotidienne, un challenge exigeant qui oblige à affiner le regard photographique. Ce matériau, qui sera intégralement projeté, est la base d'une installation comportant 25 photos qui constituent une sorte de carte conceptuelle, s'articulant autour d'un vide, entre formalisme pur et reportage factuel. Une invitation à une exploration visuelle où se conjugue une objectivation de notre environnement urbain, le souci d'un formalisme graphique induit par le format 1:1 et l'expression, forcément subjective, d'une mise en tension par le défi relevé. 




























mercredi 24 janvier 2018

Leopold II et Lumumba



 Qui a écrit "« Tous les Belges qui s'attachent à nos intérêts ont droit à notre reconnaissance… Nous n'avons pas le droit de saper le travail des continuateurs de l'œuvre géniale de Léopold II. »... ?
La réponse est étonnante...car il s'agit de Patrice Lumumba.





Oui, l'artisan de la décolonisation du Congo, celui qui s'adressant directement à son peuple affirma dans son discours d'indépendance, quatre ans plus tard, que "Nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier que c'est par la lutte qu'elle a été conquise (...) Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu'au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste" s'exprimait de la sorte dans une une lettre-circulaire adressée en 1956 aux membres de l'Association des évolués (entendez par là les Congolais ayant assimilé les normes sociales et culturelles du colonisateur) de Stanleyville.

Entre l956 et 1960, Lumumba eut le temps de se distancier de la promesse d'une évolution pacifique et lente vers une indépendance formelle mais perpétuant les rapports économiques coloniaux pour se positionner en nationaliste intransigeant et dénonçant les manœuvres sécessionnistes de Tshombe. La suite est connue, trop connue : les troubles et les émeutes, l'intervention des paras belges en soutien à Tshombe, l'indépendance du Katanga, l'irrésolution de l'ONU, la lutte désespérée de Lumumba, alors premier ministre, pour reconquérir le Katanga, la trahison du président Kasa-Vubu qui le révoque, le coup d'Etat mobutiste, la fuite et l'arrestation de Lumumba, sa tentative d'évasion puis son assassinat. 

On aura glosé et enquêté sur les circonstances de ce crime, sur le rôle des responsables katangais, et de Mobutu, mais aussi, et surtout, de fonctionnaires, commissaires et officiers, belges. 
Ces points encore discutés par les historiens ne seront peut être jamais complètement élucidés. Quoi qu'il en soit, Patrice Lumumba devient un symbole, un héraut de l'Afrique indépendante, un héros national et international, qui fut capable d'articuler l'indépendance et la lutte plus globale contre l'impérialisme.

Aujourd'hui encore, la Belgique hésite à affronter avec lucidité son passé colonial... L'idée d'une place publique au nom du leader congolais effarouche encore les édiles ixellois. Aussi l'association Bamko, le Comité féminin et afrodescendant pour l'interculturalité et contre le racisme, a pris l'initiative d'inaugurer une "place itinérante" au nom de Patrice Lumumba, et de faire ériger une statue, réalisée par Rhode Makoumbou, le représentant, prononçant son fameux discours du 30 juin 1960.  

L'évènement eut lieu aux galeries Ravenstein, et rassembla une bonne centaine de sympathisants, des Congolais et d'autres Africains, mais aussi des Belges et autres européens... Il fut l'occasion, outre de rappeler notre responsabilité historique, de souligner l'importance d'une décolonisation des esprits et le rôle primordial de l'art dans une transformation des mentalités.

 





Rhode Makoumbou, née à Brazzaville, a créé de nombreuses sculptures en matière composée (sciure et colle à bois sur une structure métallique. "S'inspirant de la vie quotidienne des femmes africaines, elle se considère un peu comme une artiste archiviste de la mémoire sociale et culturelle de l’Afrique en général, et du Congo en particulier. Elle s’exprime souvent dans ses interviews sur le respect des notions idéologiques de l’identité et de la diversité culturelle. Elle a toujours accordé une grande importance à la question du sens dans l’art et du rapport entre l’artiste et son public. C'est la première fois qu'elle représente un personnage historique. " (http://www.rhodemakoumbou.eu/fr/biographie)








lundi 6 novembre 2017

le cimetière du Dieweg

L'ancien cimetière d'Uccle renferme des trésors d'art funéraire. Souvent délaissés depuis des décennies, plusieurs sépultures tombent en ruine, ce qui crée une atmosphère romantique, quelque peu étrange, qui pourrait être digne d'un roman gothique, voire d'un film d'horreur.... ce dimanche, je participait à une séance de dessin, de croquis, collectifs. La veille, j'avais pris quelques photos....







 ...et quelques dessins, au crayon



mercredi 18 octobre 2017

Rita McBride... au Wiels

Le Wiels, centre d'art contemporain, accueille en ce moment, Rita McBride. Il faut reconnaître que l'accès à son oeuvre n'est pas aisé. Rita utilise un langage minimaliste, à l'intersection de l'architecture et de la sculpture, dans des installations qui évoquent les éléments techniques des constructions modernes, au point qu'on a peine, parfois, à discerner l'oeuvre exposée de l'environnement muséal - héritage industriel aménagé en des espaces amples dont l'infrastructure technique n'est nullement masquée - qui lui fait récrin. Les trois étages sont parcourus d'une oeuvre emblématique, une rambarde de bois, peinte en blanc, qui nous guide, de salle en salle, en un parcours ponctué des interventions des artistes regroupés sous le titre "Something stronger than me".

batik réalisés lors de l'atelier-performance "Fake calligraphy",
projet participatif conçu par
Manoeuvre, Maartje Fliervoet et Ada Van Hoorebeke


Le visiteur peut être déconcerté par un langage plastique qui - malgré la popularisation du ready made - reste quasi totalement transparent, à force d'utiliser le langage purement fonctionnaliste du design industriel pour nous restituer des formes, des volumes, des espaces identiques à ceux que nous voyons (ou plus exactement ne voyons plus) dans l'envers du décor quotidien qui nous entoure. Bouches d'aération, filtres, tuyauteries, bornes, rampes et conduites se retrouvent sous une forme épurée - pas toujours, certaines pièces sont poussiéreuses, souillées, et conservent des traces d'usure - toute droite sortie des épures virtuels destinés à la fabrication de prototypes.




Il est heureux que le Wiels laisse au visiteur la liberté de photographier. Il ne s'agit certes pas - en ce qui me concerne - de se contenter d'une simple représentation  documentaire, mais de poser sur une oeuvre, un regard subjectif. La photographie est ici le moyen d'approcher de manière créatrice une démarche artistique austère. 



Dans l'accès intérieur qui mène au 3e étage, on découvre l'infrastructure technique du Wiels, cloisons modulaire, éclairage, conduites... rien ne distingue ici, mis à part, l'épure rouge d'un panneau laqué, cet appareillage des oeuvres exposées.


 " Guide Rails (2017) qui fonctionne comme un motif récurrent à travers l’exposition. L’installation, qui se compose de 200 mètres de structures autonomes en bois blanc, évoque les rambardes dans les montagnes surplombant Santa Monica à Los Angeles qui menaient autrefois au ranch du célèbre humoriste et cow-boy Will Rogers. " (extrait de la présentation de l'exposition)



où est l'oeuvre...?  à l'intersection du mur immaculé et du sol on remarque à peine la conduite de marbre













références :

vendredi 8 septembre 2017

un regard sur le MIMA

le MIMA, c'est le Millenium Iconoclast Museum of Art, autrement dit un musée (d'initiative privé) dédiés aux arts urbains. Pour l'heure, se tient une exposition thématique "Art is comic", qui, à travers l'oeuvre graphique de Brecht Vandenbroucke, Mon Colonel & Spit, Brecht Evens, HuskMitNavn, Jean Jullien et Joan Cornell, démontre la proximité de la bande dessinée avec les arts urbains. Nous découvrons des artistes à la tonalité ironique, caustique et transgressive, capables de  dénoncer l'absurdité du monde contemporain et l'aliénation des individus  par la technologie omniprésente et l'hégémonie de la marchandise... Est-ce novateur ? Pas vraiment : nous retrouvons sans peine les thématiques, les interrogations et les techniques du POP art des années 1960... mais cette démarche délibérée reste pertinente et garde toute sa puissance critique.

Plutôt que de reproduire les oeuvres exposées - on trouvera un bel aperçu des artistes sur la page de présentation de cette exposition -  je propose un compte rendu photographique plus personnel qui porte moins sur l'expo que sur son cadre.