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jeudi 14 juin 2018

enquête sur le présent

En 2017, je me suis livré à un challenge intitulé #projet365... il s'agit de prendre (au moins) une photo par jour et de la publier sur le net... je présente le résultat de ce travail lors du "Parcours d'Artistes" de Forest. L'événement se passe au 273 rue des alliés, au local du QuartierWielsWijk... à Forest. Le vernissage a lieu dès 20h, le 15 juin et l'expo durera deux week end, le 16 et 17 juin et le 23 et 24 juin, de 14 à 18h...

Le projet365 fut pour moi l'occasion d'explorer la réalité quotidienne, un challenge exigeant qui oblige à affiner le regard photographique. Ce matériau, qui sera intégralement projeté, est la base d'une installation comportant 25 photos qui constituent une sorte de carte conceptuelle, s'articulant autour d'un vide, entre formalisme pur et reportage factuel. Une invitation à une exploration visuelle où se conjugue une objectivation de notre environnement urbain, le souci d'un formalisme graphique induit par le format 1:1 et l'expression, forcément subjective, d'une mise en tension par le défi relevé. 




























dimanche 11 mars 2018

un pavé dans le marais




Située à l'arrière du BRASS, centre culturel de Forest, et du "Métropole", vestige d'un édifice qui appartenait aux Brasseries Wiels, sitée à l'avenue van Volxem... ce plan d'eau est le résultat accidentel du percement de la nappe phréatique lors du creusement des fondations d'un complexe immobilier, projeté en 2003. Progressivement, l'eau a noyé les piliers de ciment, et le plan d'eau devint un véritable petit marais...des roseaux, des oiseaux d'eau, des batraciens, des carpes hantent désormais le lieu.  Malgré les déchets qui s'y accumulent et les traces visibles du débâcle social engendré par la politique d'austérité, une certaine poésie se dégage de ce marais qui inspire maints photographes du quartier. Ceux-ci se sont rassemblés pour une exposition organisée par le Quartier Wiels Wijk, une association d'habitants.















 


 

l'exposition


Située au 273, rue des alliés, à Forest (pas loin du Wiels), l'exposition ouvre ses portes du jeudi au dimanche de 11h à 18 h... jusqu'au 15 avril 2017

Six exposants y démontrent la pluralité des regards photographques portés sur le marais...

 

Quelques photos du vernissage : 



  









mercredi 18 octobre 2017

Rita McBride... au Wiels

Le Wiels, centre d'art contemporain, accueille en ce moment, Rita McBride. Il faut reconnaître que l'accès à son oeuvre n'est pas aisé. Rita utilise un langage minimaliste, à l'intersection de l'architecture et de la sculpture, dans des installations qui évoquent les éléments techniques des constructions modernes, au point qu'on a peine, parfois, à discerner l'oeuvre exposée de l'environnement muséal - héritage industriel aménagé en des espaces amples dont l'infrastructure technique n'est nullement masquée - qui lui fait récrin. Les trois étages sont parcourus d'une oeuvre emblématique, une rambarde de bois, peinte en blanc, qui nous guide, de salle en salle, en un parcours ponctué des interventions des artistes regroupés sous le titre "Something stronger than me".

batik réalisés lors de l'atelier-performance "Fake calligraphy",
projet participatif conçu par
Manoeuvre, Maartje Fliervoet et Ada Van Hoorebeke


Le visiteur peut être déconcerté par un langage plastique qui - malgré la popularisation du ready made - reste quasi totalement transparent, à force d'utiliser le langage purement fonctionnaliste du design industriel pour nous restituer des formes, des volumes, des espaces identiques à ceux que nous voyons (ou plus exactement ne voyons plus) dans l'envers du décor quotidien qui nous entoure. Bouches d'aération, filtres, tuyauteries, bornes, rampes et conduites se retrouvent sous une forme épurée - pas toujours, certaines pièces sont poussiéreuses, souillées, et conservent des traces d'usure - toute droite sortie des épures virtuels destinés à la fabrication de prototypes.




Il est heureux que le Wiels laisse au visiteur la liberté de photographier. Il ne s'agit certes pas - en ce qui me concerne - de se contenter d'une simple représentation  documentaire, mais de poser sur une oeuvre, un regard subjectif. La photographie est ici le moyen d'approcher de manière créatrice une démarche artistique austère. 



Dans l'accès intérieur qui mène au 3e étage, on découvre l'infrastructure technique du Wiels, cloisons modulaire, éclairage, conduites... rien ne distingue ici, mis à part, l'épure rouge d'un panneau laqué, cet appareillage des oeuvres exposées.


 " Guide Rails (2017) qui fonctionne comme un motif récurrent à travers l’exposition. L’installation, qui se compose de 200 mètres de structures autonomes en bois blanc, évoque les rambardes dans les montagnes surplombant Santa Monica à Los Angeles qui menaient autrefois au ranch du célèbre humoriste et cow-boy Will Rogers. " (extrait de la présentation de l'exposition)



où est l'oeuvre...?  à l'intersection du mur immaculé et du sol on remarque à peine la conduite de marbre













références :

mercredi 16 novembre 2016

séjour Sarde (4) - ruralité

Bien que modernisée, la Sardaigne reste enracinée dans les traditions issues du monde rural... à Aritzo, quelques lieux et objets témoins d'un passé pas si lointain.







 

samedi 16 avril 2016

MIMA - musée iconoclaste du 21e S

Enfin une nouvelle réjouissante. Les amateurs d'art contemporain pourront désormais visiter le Millenium Iconoclast Museum of Art dont l'inauguration a eu lieu ce vendredi 15 avril... Situé au bord du canal, sur la rive molenbeekoise, à proximité immédiate des anciennes brasseries Bellevue et de l'hôtel Meininger, ce musée offre à ses visiteurs une collection très rafraichissante d'oeuvres inspirées par la culture pop et le street art.


C'est précisément cet art populaire construit sur des interventions publiques "sauvages", du graph au street art le plus élaboré, qui est mis en valeur à travers l'exposition City Light consacré à cinq street artistes américains basés à Brooklyn. 











SWOON a choisi d'hanter les caves du lieu de ses collages soigneusement élaborés, aux thématiques issues de l'iconographie orientale ou des gravures d'art du 19e S : dentelles en rosaces, silhouettes entomomorphes, et figures semi-divines ou prophétiques, parfois issues de l'iconographie indonésienne, ou des gravures romanesques du 19e S surgissent dans la pénombre, au détour des piliers et des couloirs. Nous avons ici un bel exemple de valorisation muséale du street-art, par une installation qui en respecte l'esprit, mais dans le contexte institutionnel de reconnaissance public d'un art "sauvage" et transgressif par vocation.






FAILE, l’association artistique de Patrick McNeil et Patrick Miller, à choisi d'élever ironiquement un temple à la culture consumériste des hipsters brooklyniens. Un look "vintage" et une iconographie issue des pulps et des fanzines, ou des publicités que l'on retrouve à foison dans les galeries et restaurants branchés de Brooklyn. L'architecture de l'installation, hormis les pochoirs exposés sur le mur, rappelle celle d'un temple shintoiste qui serait dédiée à la vénération d'une colonne publicitaire - moulin à prière de la société de consommation - annonçant le pire et le meilleur du divertissement culturel.



Dans une salle illuminée par le vitrage cyan, jaune, magenta, on découvre l'installation et la fresque géométrique de Maya Hayuk. Un ode à la couleur, une expérience visuelle et picturale hors du commun. On sort vivifié par cette séance de chromothérapie.








MOMO  construit avec rigueur et méthode une oeuvre murale optique et géométrique. Des vidéos accompagnent l'oeuvre, illustrant aussi ses méthodes habiles de travail. Notons cet happening ludique à l'occasion de la réalisation d'un tourbillonnant "papier peint arraché".







A coup sûr, le MIMA deviendra un lieu incontournable pour les amateurs d'art contemporain et de street art... et contribuera à vitaliser un quartier en pleine transformation. Le musée est financé par des fonds privés, et à ma connaissance, il ne bénéficie pas de subsides publics. Ce qui explique sa politique tarifaire bien que l'on souhaiterait volontiers l'instauration de journées mensuelles ou hebdomadaires gratuites et pourquoi pas d'une ouverture (par une réduction tarifaire ou la gratuité) aux habitants du quartier. 

L'architecture intérieure du batiment industriel rénové est séduisante (l'accessibilité aux handicapés est assurée) et la muséographie soignée. Un bar accueille les visiteurs dans une ambiance chaleureuse. On aimerait peut être, à l'avenir, voir se développer un volet documentaire plus étoffé : la boutique se cantonne dans un marchandising classiques : petits objet, t-shirts créés par les artistes, reproductions d'art... mais laisse peut être sur le faim ceux qui chercheraient une littérature critique et réflexive (à l'instar de la remarquable librairie du Wiels par ex).

Le site web du Mima est très illustré et bien conçu... rédigé en anglais uniquement, il témoigne de la vocation internationale de ce lieu.
  


vendredi 25 septembre 2015

Luc Van Melderen à la Fonderie

Luc Van Melderen, né en 1930, a rassemblé une imposante documentation photographique sur le patrimoine industriel de Belgique et de France. Mais sa démarche va au-delà de l'archéologie industrielle. 

A partir des photographies d'usine, il a entrepris de recenser les formes élémentaires de ces constructions : cubes, pyramides, cônes, cylindres, prismes, qui assemblés constituent une sémiologie industrielle déclinée en multiples variantes. Dessins, gravures, sérigraphies, jeux de construction en bois, sculpture sur bronze illustrent ainsi un univers architectural dont les traces photographiques témoignent d'un passé révolu, figé semble-t-il pour l'éternité. La Fonderie - lieu d'étude et de conservation du patrimoine industriel bruxellois - est l'endroit le plus approprié pour ce second volet d'une exposition consacrée à Van Melderen. 

Un accrochage élégant, sobre et efficace présente les divers aspects de l'oeuvre : photographies, montrées en grand format ou en planches contacts, carnets de notes et d'esquisses, documents sonores, textes et aphorismes, accompagnent de nombreuses sérigraphies ainsi que de superbes bronzes. Mais puisqu'il s'agit de jouer avec les formes, l'exposition ne néglige pas un aspect ludique, invitant les jeunes visiteurs à recomposer la grammaire van melderienne.

L'exposition est à ne pas manquer : tous les renseignements se retrouvent sur le site web de la Fonderie.
L'exposition se termine le 4 octobre :