Affichage des articles dont le libellé est Wiels. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Wiels. Afficher tous les articles

jeudi 29 août 2019

l'art contemporain, encore et toujours

Mon regard photographique sur l'art contemporain est une lecture subjective et personnelle de l'oeuvre...il ne prétend pas à une reproduction documentaire restituant l'intention de l'artiste, pour moi, c'est un matériau visuel, le résultat d'un dialogue, ou d'une interaction, avec l'oeuvre.
Ici c'est au Wiels, extrait de "Multiple Transmissions : Art in the Afropolitan Age" et de "Mario García Torres : Illusion Brought Me Here". "Multiple transmissions" est le fruit de l'expérience d'artistes africains en résidence dans plusieurs villes d'Afrique. Il illustre aussi le lien complexe entre modernité et traditions. Mario Garcia Torres nous livre une oeuvre plus conceptuelle, de nature autobiographique, à travers des installations vidéos.













mercredi 18 octobre 2017

Rita McBride... au Wiels

Le Wiels, centre d'art contemporain, accueille en ce moment, Rita McBride. Il faut reconnaître que l'accès à son oeuvre n'est pas aisé. Rita utilise un langage minimaliste, à l'intersection de l'architecture et de la sculpture, dans des installations qui évoquent les éléments techniques des constructions modernes, au point qu'on a peine, parfois, à discerner l'oeuvre exposée de l'environnement muséal - héritage industriel aménagé en des espaces amples dont l'infrastructure technique n'est nullement masquée - qui lui fait récrin. Les trois étages sont parcourus d'une oeuvre emblématique, une rambarde de bois, peinte en blanc, qui nous guide, de salle en salle, en un parcours ponctué des interventions des artistes regroupés sous le titre "Something stronger than me".

batik réalisés lors de l'atelier-performance "Fake calligraphy",
projet participatif conçu par
Manoeuvre, Maartje Fliervoet et Ada Van Hoorebeke


Le visiteur peut être déconcerté par un langage plastique qui - malgré la popularisation du ready made - reste quasi totalement transparent, à force d'utiliser le langage purement fonctionnaliste du design industriel pour nous restituer des formes, des volumes, des espaces identiques à ceux que nous voyons (ou plus exactement ne voyons plus) dans l'envers du décor quotidien qui nous entoure. Bouches d'aération, filtres, tuyauteries, bornes, rampes et conduites se retrouvent sous une forme épurée - pas toujours, certaines pièces sont poussiéreuses, souillées, et conservent des traces d'usure - toute droite sortie des épures virtuels destinés à la fabrication de prototypes.




Il est heureux que le Wiels laisse au visiteur la liberté de photographier. Il ne s'agit certes pas - en ce qui me concerne - de se contenter d'une simple représentation  documentaire, mais de poser sur une oeuvre, un regard subjectif. La photographie est ici le moyen d'approcher de manière créatrice une démarche artistique austère. 



Dans l'accès intérieur qui mène au 3e étage, on découvre l'infrastructure technique du Wiels, cloisons modulaire, éclairage, conduites... rien ne distingue ici, mis à part, l'épure rouge d'un panneau laqué, cet appareillage des oeuvres exposées.


 " Guide Rails (2017) qui fonctionne comme un motif récurrent à travers l’exposition. L’installation, qui se compose de 200 mètres de structures autonomes en bois blanc, évoque les rambardes dans les montagnes surplombant Santa Monica à Los Angeles qui menaient autrefois au ranch du célèbre humoriste et cow-boy Will Rogers. " (extrait de la présentation de l'exposition)



où est l'oeuvre...?  à l'intersection du mur immaculé et du sol on remarque à peine la conduite de marbre













références :

dimanche 8 janvier 2017

brume sur le marais

Ce dimanche, un épais brouillard noie la ville...regards embrumés sur le marais Wiels...

ce plan d'eau est appelé à disparaître puisque l'on y projette la construction de neuf immeubles destinés au logement...ce projet urbanistique fait d'ailleurs l'objet d'un débat dans la mesure où il ne sera pas sans incidence sur l'écologie urbaine du quartier...

on ne regrettera certes pas les dépôts d'ordure qui parsèment cette friche, mais le marais a sa poésie : mouettes et autres oiseaux d'eau, roseaux, libellules (au printemps !!!)...








 
























le lieu est un paradis pour les street artistes... les habitants du quartier espère le maintien d'un passage cycliste et piétonnier qui relierait le quartier Orban au pont du Luttre, voire au quartier "Diversity", en passant sous le chemin de fer, en évitant l'intense circulation automobile du carrefour Wiels. 

page FB sur le Marais Wiels

lundi 14 mars 2016

Edith Dekyndt au Wiels

Le Wiels ne pouvait manquer de rendre hommage, à travers une installation de Edith Dekyndt, à la Dekkera bruxellensis, cette levure que l'on trouve dans les eaux et dans l'air bruxellois et qui confère à nos bières leur saveur si caractéristique... Sans ce microorganisme, les brasseries productrices de la gueuze et de la faro n'auraient pas prospéré. Quoiqu'il en soit, le travail d'Edith Dekyndt est une immense fermentation : une investigation quelque peu alchimique des lentes transformations que la vie impose à la matière organique : turgescences, sudations, exhalaisons, sublimations, condensations qui imprègnent divers supports, subjectiles d'une oeuvre dont le devenir est déterminé par la seule activité biologique des microorganismes qui l'ensemencent. D'autres explorations sensorielles sont présentées : telle cette plongée dans la mer morte dont la trace audiovisuelle nous force à pénétrer dans une luminescence trouble, tel ce drapeau de chevelure humaine flottant au vent, dérisoire emblème d'une humanité dépouillée, un peu sinistre comme une bannière pirate déchirée par la guerre. Elles témoignent d'une volonté d'exploration, quasi scientifique, des limites de l'art, aux frontières du naturel et de l'artifice.





L'exposition "Ombre indigène"  est visible au Wiels jusqu'au 24 avril 2016



jeudi 10 mars 2016

Labyrinthe situationniste

Vincent Meessen : Sire, je suis de l'ôtre pays

 

Les installations de Vincent Meessen nous renvoie à une double oblitération : celle d'une critique radicale de la modernité et de l'urbanisation industrielle, assumée par l'Internationale Situationniste, et celle d'une méconnue et improbable filiation de ce mouvement, à la fois politique et artistique, au Congo. Dans l'exposition, dont l'intitulé - One Two Three - renvoie à un chant contestataire des années 1960 met en évidence, à travers une projection vidéo, la transculturalité en oeuvre à Kinshasha, où la rumba, musique cosmopolitisée, "sert de véhicule à une méditation sur l’émancipation"... sous le regard de l'artiste : la domination coloniale, l'aliénation culturelle, l'intégration dans le processus de la mondialisation, et l'aspiration, sans cesse renouvelée à l'émancipation. 

Dans une autre salle, un labyrinthe force le visiteur à une déambulation hasardeuse aboutissant à une maquette étrange : celle d'un projet avorté des situationnistes d'implantation d'une ville expérimentale dans une île déserte, au large de l'Italie. Immédiatement ce labyrinthe nous renvoie au mythe de Minos qui fit construire par Dédale le repaire du monstre qu'il engendra... 
Que ce soit à travers l'exhumation de documents situationnistes méconnus - originaux et fac similés y sont présentés et recontextualisés d'un point de vue où tout ethnocentrisme européen est délibérément évacué, ou à travers la mise en oeuvre fictive d'une utopie esquissée, Meessen ré-interroge notre rapport au monde marqué par la transformation sociale des ultimes espaces vierges de la planète. Mais quel monstre hybride trouverions nous, au coeur des labyrinthes de nos cités et des réseaux tissés par la culture mondialisée ?


























l'exposition est ouverte au Wiels jusqu'au 24 avril 2016 - présentation sur le site web du Wiels
site web du Wiels  : http://www.wiels.org

lundi 7 mars 2016

brasserie sur marais



Les Bruxellois le savent, les Brasseries Wielemans Ceuppens nous ont laissé quelques fleurons architecturaux à Forest, dont le plus connu est le bâtiment d'architecture moderniste, oeuvre de l'architecte A. Blomme, devenu le Wiels, centre d'art contemporain. 

Le Wiels a inauguré récemment sa terrasse qui sera ouverte au public le 19 et 20 mars prochain. Le panorama que l'on y découvre est l'occasion de mettre le point sur certains projets urbanistiques qui seraient susceptibles de modifier considérablement l'aspect du quartier Wiels.





Il faut dire que le quartier est particulièrement vivant et diversifié : jouxtant les lignes de chemin de fer - le panorama séduirait tout ferrovipathe (c'est à dire un fana des chemins de fer) - on y découvre une zone industrielle et populaire en voie de gentrification accélérée. Le dynamisme social est important : on ne compte plus les initiatives citoyennes et culturelles visant à faire du quartier un exemple de développement durable, malgré les difficultés que posent la reconversion d'une zone industrielle. 

De la terrasse, on découvre immédiatement, sur les terrains entourant le Brass, un jardin collectif et un potager géré par les habitants. On y voit des ruches et au delà un curieux plan d'eau noyant des fondations dont on distingue, effleurant l'eau, les colonnes de béton. Il y a quelques années des travaux de terrassement ont accidentellement pénétré la nappe phréatique, provoquant l'inondation progressive de tout le chantier. Au cours des années, l'environnement est redevenu ce qu'il était à l'origine : un marécage. En effet, ces terrains marécageux avaient été jadis achetés par les brasseurs du Wiels qui y trouvaient dans ces eaux les propriétés propices à la fermentation de la célèbre bière bruxelloise dans laquelle la Dekkera bruxellensis - une levure - joue un rôle de premier plan.

installation de Edith Dekyndt, exposée au Wiels

Ce marais du Wiels est progressivement devenu un pôle d'attraction, créant un paysage étrange qui met curieusement en valeur les vestiges (classés) du "Métropole", vieil hôtel appartenant à la famille Wielemans Ceuppens. Une roselière s'est développée, le plan d'eau abrite plusieurs espèces d'oiseaux aquatiques, dont le Grèbe castagneux, la présence de nombreuses espèces de libellules est un indice de la qualité de l'eau et de la biodiversité qui s'y est installée. La présence de nombreux insectes favorise le maintien, près du pont de Luttre, d'une des rares colonies bruxelloises d'hirondelles... ce marais recueille aussi les eaux de pluie, limitant le risque très réel d'inondation dans le quartier. 

Cet espace exceptionnel, dont les abords immédiats sont restés un peu à l'abandon, est actuellement cloturé. Une société immobilière très active dans la commune possède le terrain et projette d'y construire du logement, 8 à 9 tours de 8 ou 9 étages, en récupérant l'ancien "Métropole" (qui serait réhabilité comme lieu de commerce ou horeca) mais en enclavant le quartier dans un complexe d'habitation. Au programme, l'assèchement du marais, le bétonnage du sol en vue de la construction d'un parking souterrain de quelque 200 places. 



Les habitants du quartier Wiels s'inquiètent, même si la construction de logement peut-être une entreprise intéressante sur le plan architectural... la disparition du marais pose le problème de la gestion des eaux de ruissellement et de la nappe phréatique... on craint des infiltrations dans les caves des maisons voisines du quartier Orban ou de la rue du pont de Luttre, qui subissent des inondations régulières. D'autre part, le quartier sera enclavé, alors qu'il était possible et souhaitable d'y ménager des connexions entre le quartier Orban et le quartier "Diversity", au-delà du chemin de fer. L'enclavement de zones urbaines, par des projets d'habitations séparées de l'espace public, n'est pas sans conséquences sociologiques : gentrification, ségrégation sociale, clôture des espaces verts... de quoi mobiliser les habitants d'un quartier "en transition" vers un modèle de développement urbain écologique et "durable".

le pont de Luttre