mardi 12 septembre 2017

du street photo, et oui, encore des street

Pour les amateurs de street photo,  les marches de la Bourse sont un lieu privilégié d'observation de la faune piétonnière de Bruxelles-centre. L'endroit étant à la fois touristique et populeux, le photographe passe aisément inaperçu et puis, il se passe toujours quelque chose sur ce "piétonnier".








vendredi 8 septembre 2017

un regard sur le MIMA

le MIMA, c'est le Millenium Iconoclast Museum of Art, autrement dit un musée (d'initiative privé) dédiés aux arts urbains. Pour l'heure, se tient une exposition thématique "Art is comic", qui, à travers l'oeuvre graphique de Brecht Vandenbroucke, Mon Colonel & Spit, Brecht Evens, HuskMitNavn, Jean Jullien et Joan Cornell, démontre la proximité de la bande dessinée avec les arts urbains. Nous découvrons des artistes à la tonalité ironique, caustique et transgressive, capables de  dénoncer l'absurdité du monde contemporain et l'aliénation des individus  par la technologie omniprésente et l'hégémonie de la marchandise... Est-ce novateur ? Pas vraiment : nous retrouvons sans peine les thématiques, les interrogations et les techniques du POP art des années 1960... mais cette démarche délibérée reste pertinente et garde toute sa puissance critique.

Plutôt que de reproduire les oeuvres exposées - on trouvera un bel aperçu des artistes sur la page de présentation de cette exposition -  je propose un compte rendu photographique plus personnel qui porte moins sur l'expo que sur son cadre. 















dimanche 3 septembre 2017

Forest sound

Le parc de Forest fut le théatre d'un festival musical "Forest sound"... où se produisirent plusieurs groupes renommés. L'ambiance était funky, jazzy, hip hop, soul et cool... un succès.







ici le groupe Azmari : "De sonorités traditionnelles éthiopiennes à l’Afrobeat, en passant par le Funk et une touche psychédélique, la troupe nous offre un groove subtil chargé de force"






mercredi 30 août 2017

Epitaphe

 Le récital de Pete Morton, chanteur folk anglais, donné par Muziek publique asbl en collaboration avec l'asbl Epitaaf, s'est déroulé dans les anciens ateliers du sculpteur Ernest Salu, près du cimetière de Laeken. Le concert fut accompagné d'une visite guidée du cimetière et des ateliers. Ce qui m'a permis de découvrir quelques aspects intéressant de l'art funéraire.



Cet atelier, aujourd'hui le siège de l'asbl Epitaaf (qui se consacre à l'étude et la préservation du patrimoine funéraire), fut créé en 1872 par le premier représentant de trois générations Salu qui se succédèrent à la tête de l’entreprise. Dans les collections, on trouve de nombreux sculptures, plâtres et moules réalisés par les ateliers Salu, mais aussi par d'autres sculpteurs connus, tels que Antoine et Emile-Joseph Beernaert (1859-1930).



Ici un aperçu de ces lieux où règne l'atmosphère mélancolique d'une époque où le faste accompagnait  les funérailles des familles les plus en vue de Bruxelles...






































jeudi 24 août 2017

la fresque murale de l'humanité : une oeuvre en danger

A l'occasion d'un concert donné par "Muziek publique, asbl" au Petit-Château, centre d'accueil pour réfugiés, je découvre une oeuvre murale trop méconnue, qui n'est pas sans rappeler les fresques muralistes mexicaines de Diego Rivera, Orozco ou Siqueiros. Il s'agit de "Los murales de la humanidad" de l'artiste, et philosophe, péruvien Domingo Huamán Peñaloza. Une fresque qui s'étend sur trois étages, couvrant 1200 m3... 

L'oeuvre évoque toute l'histoire de l'humanité dans une perspective résolument progressiste et émancipatrice et comporte trois volets. Le premier retrace l'évolution biologique et historique de l'homme ainsi que les fondements idéologiques et religieux des diverses civilisations.


 













Le second volet met en évidence l'opposition entre "El problema universal de las injusticias”, celui de la domination capitaliste et impérialiste celui de l'emprise de l'argent aboutissant à la guerre, la servitude et la destruction, et une " Proposición de un mundo nuevo rehumanizado y moral” à travers la résistance populaire à l'oppression, la construction d'une société émancipée, égalitaire, reposant sur une vision scientifique et rationnelle du monde.
 







Cette oeuvre est certes engagée, voire propagandiste. Elle exprime la vision philosophique d'un art "onto-politique".

Cependant,même si elle n'évite pas la grandiloquence et le didactisme, cette fresque témoigne d'un engagement humaniste d'autant plus émouvant qu'il s'affirme en un lieu à forte charge symbolique.



 
On rappellera que le Petit-Château fut originellement une caserne construite de 1848 à 1852 à la périphérie des quartiers populaires de Molenbeek et Anderlecht, pour y loger les troupes qui serviront à la répression des mouvements ouvriers... par la suite, après la seconde guerre mondiale, il devint le lieu de détention des suspects de collaboration avec l'ennemi. Enfin, ce fut le lieu de passage obligés des conscrits aux temps du service militaire obligatoire car on y procédait à l'examen médical et à la sélection des miliciens. 

C'est en 1986 que le Petit-Château devint un lieu d'accueil pour demandeurs d'asile. Comportant initialement prévu 300 places, il accueillit en 2004 huit cents résidents, encadrés par 120 travailleurs du Fedasil. ... C'est entre 2000 et 2006 que Domingo Huamán Peñaloza, réfugié en Belgique, réalisa son oeuvre avec le soutien du Fedasil. C'est dire toute la signification et l'importance de cette fresque murale exceptionnelle, car elle s'adressait particulièrement à ceux qui, d'une manière ou de l'autre, sont victimes de l'oppression capitaliste et impérialiste, et acteurs des luttes émancipatrices.



Or cette oeuvre est menacée. Le gouvernement ayant décidé de créer un centre d'accueil pour demandeurs d'asile à Neder-Over-Heembeek... ( un lieu éloigné de la capitale, isolé et faisant obstacle à l'intégration des réfugiés ). La caserne du Petit-Château a été vendu à des promoteurs immobiliers et sera vraisemblablement détruit ou rénové en vue d'y établir des logements ou bureaux de luxe.

Que deviendront ces fresques ? A ma connaissance aucune monographie imprimée y est consacrée même si l'on trouve sur le net quelques blogs, ou articles s'y référant. Pourtant cette oeuvre murale mérite attention, car elle conserve le souvenir d'une solidarité et d'un attachement aux droits humains, et à ce devoir d'asile tellement bafoué de nos jours, elle témoigne d'un engagement artistique et philosophique conséquent et sa destruction constituerait une perte, une de plus, pour le patrimoine artistique et l'histoire collective des luttes et des solidarités antiimpérialistes.


Domingo Huamán Peñaloza n'est pourtant pas un inconnu. Le droit d'asile lui a été accordé et vit en Belgique où il peint et poursuit sa réflexion philosophique.

références et sources :

La obra del muralista peruano Domingo Huamán Peñaloza

las pinturas ontopoliticas de Domingo par Gloria Dávila Espinoza

une fresque de l'humanité, sur le site du Fedasil

la muraille de l'humanité, in "la chambre noire de Nawi"

sur youtube : 

 

 



bibliographie : 

Ontogénesis del pensar artùistico actual y sus constructos estéticos : thèse de doctorat en philosophie, par Domingos H. Peñaloza. (pdf)

Estética teórica y filosofía del  arte, par Domingos H. Peñaloza.  - éd. libréria Ciro