samedi 9 mars 2019

Femmes en lutte

Luttes de femmes et femmes en luttes... 

En 195 avant notre ère, Rome était agitée d'une des premières luttes féminines. La loi (portée par le tribun Oppia) interdisait aux Romaines "d'avoir plus d'une demi-once d'or, de porter des vêtements de diverses couleurs, et de faire usage de voitures à Rome, ou dans d'autres villes, ou à un mille de leur enceinte, sauf le cas de sacrifices publics." Il était question d'abroger cette loi tombée en désuétude et le débat public était particulière vif. Tite-Live relate (Histoire romaine, livre XXXIV, chap 1 à 3) que "les femmes elles-mêmes, sans se laisser arrêter par aucune autorité ni par la pudeur, ni par les ordres de leurs maris, sortaient de leurs maisons; on les voyait assiéger toutes les rues de la ville, toutes les avenues du forum". Caton l'Ancien (Marcus Porcius Cato) connu pour ses positions ultra-conservatrices s'en inquiétait, interpellant le Sénat dans ces termes "Que sera-ce si vous leur permettez d'attaquer ces lois l'une après l'autre, de vous arracher tout ce qu'elles veulent, en un mot, de s'égaler aux hommes? Pensez-vous que vous pourrez les supporter? Elles ne se seront pas plutôt élevées jusqu'à vous qu'elles voudront vous dominer.
La fameuse loi Oppia fut, heureusement, abrogée.... sans doute moins par souci d'égalité de genre que de ramener la paix publique ébranlée par ces manifestations et de renvoyer aux pères et aux maris la responsabilité de gérer, eux-même le budget "beauté" de leur filles et épouses. 

Cet anecdote montre que les femmes résistent depuis l'antiquité à l'emprise patriarcale, et surtout que la gens masculine se montre, non seulement jaloux de ses prérogatives, mais surtout craintif face à la perspective d'un renversement de l'ordre social, voyant dans l'émergence d'une autonomie féminine, les prémices d'un effondrement civilisationnel.

On pourrait croire que nous avons, au 21e siècle, rompu avec cette "gynophobie" phallocratique. Pourtant les cas sont nombreux de violences misogynes : ségrégations sociales, restrictions économiques, contrôle des corps, normes vestimentaires coercitives, violences domestiques, viols et tortures répressives, féminicides délibérés qui témoignent d'une volonté de domination et d'asservissement implacables. C'est pourquoi à l'agitation féminine de jadis succède les luttes féministes organisées, luttes parfaitement légitimes qui témoignent de l'actualité des aspirations égalitaires et émancipatrices.

Le 8 mars 2est la journée internationale des droits des femmes. une manifestation eut lieu à Bruxelles comme dans de nombreuses régions du globe. A Bruxelles, quelques 8000 (15000 selon les organisateurs/trices) manifestant-e-s ont défilé, scandant des revendications fermes, exprimées dans une tonalité joyeuse.

Quelques photos ...
















vendredi 16 novembre 2018

esthétique de la tronçonneuse (2)

Je poursuis ici mon parcours du parc Duden... certaines coupes sont anciennes... les troncs sont laissés sur place, pour offrir gite et abri aux insectes, petits mammifères, oiseaux et... champignons

Les clôtures protègent certaines zones fragiles, ou des ravins un peu escarpés. Avec les tempêtes automnales des chutes de branches, voire d'arbres sont toujours possibles




 

esthétique (?) de la tronçonneuse

On pourrait le qualifier de "massacre à la tronçonneuse". Le parc Duden à Forest fait l'objet de travaux d'élagage et d'abattage d'arbres. Non sans conséquence sur la faune, puisque on a constaté le décès d'une Buse variable (rapace protégé) qui avait établi son aire sur le parc. En outre, on a remarqué l'émigration de plusieurs renards (discrets mais bien présents dans les rues forestoises) ... les travaux se sont apparemment déroulés sans trop de ménagement. Les promeneurs découvrent les arbres - des hêtres - abattus et leur tronc saucissonnés. 









Relique forestière, le parc est géré par Bruxelles-environnement, et on peut admettre que les abattages sont rendus nécessaires par la vétusté des arbres... d'autre part, la pression démographique, la fréquentation accrue de cette zone boisée, engendre des dégâts écologiques de sorte que l'on vient à protéger les sous-bois par des clôtures. Ce balisage des chemins est certes une contrainte pour le promeneur. Faut-il se résoudre à ne pouvoir approcher un espace naturel (même résiduel) qu'à travers des grilles protectrices ?


mercredi 7 novembre 2018

en novembre...au Scheutbos

Le site naturel du Scheutbos  un espace vert de 50ha situé à Molenbeek (B-1080)  Le site a été classé pour ses qualités paysagères et sa grande biodiversité. On peut y parcourir des sous bois aux essences variées - hêtres, châtaigniers, chênes... et des prairies... soigneusement entretenues par des vaches. Un parc public bien aménagé se trouve à proximité. Quelques photos qui montrent que la campagne n'est pas si loin.


lundi 15 octobre 2018

champignons

octobre, le temps des champignons... Quelques photos, prises à la Forêt de Soignes, du côté de Groenendael.

 un groupe de Coprins micacés.



A l'évidence, une Amanite, sa couleur jaune très pale m'indiquerait A. citrine


Ci-dessus, un groupe de Lentins trigrés, au chapeau gris ou beige, moucheté, fortement déprimé, que l'on trouve sur des souches de Saule

mercredi 22 août 2018

quelques roses

aquarelle de Patrice Deramaix
 

Situé à Sint-Pieter Leeuw, le château Coloma, de style renaissance, date du 17e siècle. Il s'agit d'une ancienne forteresse transformée en résidence de campagne par Charles de Coloma, chambellan de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. Le château se trouve sur un plan d'eau et est entouré d'un parc de 15 ha géré par la Communauté flamande. Le château abrite un centre culturel tandis qu'une taverne occupe un bâtiment en annexe, une ancienne remise, de style renaissance.



Mais le domaine est surtout connu pour sa roseraie. Elle comporte plus de 60000 rosiers exposant 3000 variétés de roses issues d'Europe, des Amériques, d'Asie (le Japon est bien représenté) et d'Océanie...  Le tout est en accès libre.




 
 
 





le domaine comporte un verger où sont cultivées diverses variétés indigènes de pommiers















jeudi 14 juin 2018

enquête sur le présent

En 2017, je me suis livré à un challenge intitulé #projet365... il s'agit de prendre (au moins) une photo par jour et de la publier sur le net... je présente le résultat de ce travail lors du "Parcours d'Artistes" de Forest. L'événement se passe au 273 rue des alliés, au local du QuartierWielsWijk... à Forest. Le vernissage a lieu dès 20h, le 15 juin et l'expo durera deux week end, le 16 et 17 juin et le 23 et 24 juin, de 14 à 18h...

Le projet365 fut pour moi l'occasion d'explorer la réalité quotidienne, un challenge exigeant qui oblige à affiner le regard photographique. Ce matériau, qui sera intégralement projeté, est la base d'une installation comportant 25 photos qui constituent une sorte de carte conceptuelle, s'articulant autour d'un vide, entre formalisme pur et reportage factuel. Une invitation à une exploration visuelle où se conjugue une objectivation de notre environnement urbain, le souci d'un formalisme graphique induit par le format 1:1 et l'expression, forcément subjective, d'une mise en tension par le défi relevé. 




























jeudi 7 juin 2018

le "schieve" architecte de Barcelone

A Bruxelles, le mot schieve signifie "de travers" ou bien, un peu fou, le "schieve architect" bruxellois était Joseph Poelaert qui réalisa le titanesque Palais de Justice en plein coeur des Marolles... Barcelone a aussi son schieve architect, aujourd'hui universellement considéré comme un des grands visionnaires de l'architecture moderne. Il s'agit de Antoni Gaudi... Lors d'un court séjour à Barcelone, j'ai visité la casa Milà et la célébrissime basilique "le temple expiatoire de la Sainte Famille", Sagrada Familia.

Wikipedia n'étant pas fait pour les anges, je ne vais pas résumer ici la vie et l'oeuvre de Gaudi -  - mais juste donner quelques impressions photographiques et autres...


La Casa Mila est une superbe demeure radicalement novatrice en 1906, date du début de sa construction, en raison de ses formes organiques, inspirée des strates géologiques d'une falaise. Ces formes ondulées créent par le jeu d'ombre une impression de mouvement que renforce la présence des rambardes en fer forgé, aux formes végétales, comme des algues.
 

 
Le touriste peut visiter les cours intérieures, qui forment un véritable puits de lumière et accéder aux étonnantes terrasses sur le toit. C'est là que s'est déployé l'imaginaire symboliste de Gaudi qui y a édifié d'étranges tours, qui sont les cheminées, les conduites d'aération et les cages d'escaliers, sculptées, en mortier revêtu de chaux ou de céramique, de manière à leur donner l'apparence de guerriers venu d'ailleurs, gardiens célestes, anges ou créatures fantastiques. Cet univers sculptural inspira notamment Salvador Dali. On discute encore de la symbolique de Gaudi qui s'inspire à la fois de la mythologie et des traditions chrétiennes.

 Cet audace suscita à l'époque de vives critiques, le bâtiment fut ironiquement qualifié de "pedrera", carrière ou monceau de pierres... mais au-delà ce cet audace esthétique, Gaudi était un innovateur sur le plan technique. Il s'inspirait étroitement des formes naturelles, celles des végétaux, des coquillages, des os et squelettes, des minéraux et cherchait à reproduire la structure organique. Reproduisant sur des chainettes le plan des arcades prévues, il suspendait la structure créée laissant la pesanteur modéliser les tensions et les forces que devaient supporter les piliers...









La Sagrada Familia est un immense chantier.  Gaudi voulait édifier l'édifice le plus haut de Barcelone. Long de 120 m et la large de 45 m, la basilique, achevée, devrait pouvoir accueillir  14 000 personnes. Du vivant de Gaudi, qui décéda accidentellement en 1926, seules la façade de la nativité et la tour dite de Saint Bernabé étaient achevées...trois autres tours furent achevées durant les dix ans qui suivirent la mort de Gaudi. En 1936, au début de la guerre civile espagnole, une grande partie de l'atelier et des archives de Gaudi furent incendiés par des révolutionnaires anticléricaux. Et ce n'est qu'en 1944 que les travaux reprirent. La façade dite de la Passion est entamée en 1954. 

 La façade de la Nativité est surchargée de sculptures et de motifs organiques, qui pour la plupart, ont une fonction symbolique précise. La Nativité est pour lui la résurgence de la vie, dans toute son exubérance. On y trouvera aussi les allégories des vertus théologales - Foi, Espérance, Charité -  et de l'Arbre de vie...

 




L'arbre de vue et les colombes



Qui pénètre dans la basilique se voit inondé de lumière : les vitraux créent une ambiance iridescente, au sein d'une forêt calcaire : les colonnes torsadées se ramifient et convergent en des arcs multiples, en chaîne, formant ce qui appelait des "funiculaires de forces" supportant, malgré leur apparence arachnéenne, les voutes et les tours.






le baiser de Judas et à gauche le carré magique de somme 33, âge du Christ
Faut-il détailler les éléments architecturaux et sculpturaux qui constituent une iconographie religieuse à la fois très traditionnelle, par son contenu, et originale dans sa forme. On retrouve l'esprit de l'art gothique à l'aube du 20e siècle. Le chantier actuel a l'ambition d'achever l'oeuvre de Gaudi. On peut certainement discuter des choix esthétiques ou architecturaux. Certains disent que le portique de la Passion trahit l'esthétique gaudienne...  Les sculptures; assez austères et dépouillées, sont caractéristiques de l'art religieux moderniste des années 1950. On ne peut encore dire ce que sera la basilique en 2026 mais force est de constater que l'ampleur du chantier impressionne. 


détail du porte de bronze du Portail de la Nativité.


La visite des parties muséales (annexe à la basilique), qui exposent, à travers des maquettes et des plans, les techniques architecturales de Gaudi est passionnante. On ne peut nier que l'architecte fut un génie, un explorateur des possibles, un inspiré visionnaire qui sut exprimer un immense amour de la nature et une foi confinant au mysticisme ...mais en visitant la Sagrada Familia, je me dis que cette ferveur n'a pas pu éviter l'excès...on part du gothique, on aboutit au rococo et presque - je dis presque - au kitsch.